La fantaisie, l’incongruité, l’insolence, l’humour… Il y a quelques temps, j’ai ressorti de ma bibliothèque un vieux volume de Sacha Guitry qui traitait superbement de tout cela ^^ Sur l’esprit et les duels de mots, nous avions des combattants français assez vigoureux ; Jules Renard, Alfred de Musset, Alphonse Allais pour ne citer qu’eux (sans oublier le grand Voltaire). Je n’avais pas encore eu l’occasion de lire certaines tirades d’auteurs anglo-saxons tels qu’Oscar Wilde ou Bernard Shaw, ou même Mark Twain. C’était à présent chose faite, le recueil de Guitry sur l’Esprit était un petit bijou de répliques cuisantes et d’exemples de ripostes verbales impressionnantes, qui aujourd’hui encore ont conservées toutes leur vigueurs. Voici d’ailleurs un exemple de l’humour anglais qui ne manquait pas d’esprit, en même temps si simple et pourtant si efficace :
A la fin d’une pièce de lui dont c’était la première, Bernard Shaw avait dû, pour répondre à l’appel du public, paraître sur scène. La salle l’acclamait, c’était un triomphe, pourtant un spectateur des galeries qui n’était pas content manifestait bruyamment. Alors, d’un geste, Bernard Shaw fit taire la salle pour s’adresser à lui :
- Je suis bien de votre avis… mais nous deux contre tous, que voulez-vous que nous fassions !
La scène devait être grandiose, quel bon mot pour clore une soirée théâtrale… Guitry était lui aussi parmi les plus grand, je ne peux que penser à sa pièce Une Folie, où il nous gratifia de quelques répliques mythiques telle que la fameuse : Il ne me paraît pas assez fou, pour être intelligent…ou encore Etre fidèle, c’est, bien souvent, enchaîner l’autre… Il y a tant de bons mots qui furent des flèches, aujourd’hui on les retrouve dans les livres mais peu nous en gratifient encore de vive voix. Quel dommage…
Voici encore un autre exemple dont je ne me lasse jamais^^ :
Le grand dessinateur Forain déclinait, on le savait perdu, mais pour le rassurer le médecin entreprit de le convaincre qu’il allait mieux, beaucoup mieux même ; alors, excédé, Forain lui dit :
- En somme, je meurs guéri…